C’est le fantasme avoué d’un grand adolescent qui aurait pris son temps. Le talentueux Alexis HK a mis des années à oser s’attaquer à Brassens, celui qui a bercé sa jeunesse de liberté, de subversion, de poésie.

Comme lui, Alexis HK est un amoureux fou de la langue française doublé d’un éloquent conteur. C’est sans doute cette filiation rêvée qui a poussé Alexis HK à construire un spectacle. Et c’est un coup de cœur sentimental que d’avoir fait appel à un aîné tout aussi admiratif du grand Georges, François Morel. Chez Alexis HK, on choisit sa famille.

Dans Georges & moi, il y aura des chansons, bien sûr, de savoureuses irrévérences avec quelques madeleines (Le Pornographe, La Femme d’Hector ou Trompettes de la renommée) mais aussi des pépites méconnues (La Religieuse, La Fessée) qui réveillent l’esprit sulfureux de Tonton Georges… Mais pas seulement. Car Georges & moi est aussi un dialogue avec Brassens ou, du moins, un monologue fantasmé avec son fantôme, pour évoquer les liens intimes que l’on développe avec les poètes, ces pères éternels.

Joliment entouré par Simon Mary à la contrebasse et Loïc Molineri à la guitare, et sous le regard complice d’un François Morel qui connaît la chanson, Alexis HK a fait de Georges & moi un spectacle hybride aux portes du théâtre, du swing et de la littérature. Une petite perle.

Quand on est bon… on est bon!

– Camille Lagrange –