Projection cinéma de l'opéra Carmen de Bizet par L’Opéra National de Paris

Une passion violente, écrasée par le soleil d'Espagne : Philippe Jordan dirige le chef-d'Œuvre de Bizet pour son retour attendu à l'Opéra de Paris.

Il faut méditerraniser la musique. C’est ce qu’écrivait Nietzsche – en français ! – ayant entendu Carmen pour la vingtième fois. Il était reconnaissant à Bizet, dix ans après « Tristan », d'en avoir composé l'antithèse, et même l'antidote. Loin des vapeurs de l'idéal wagnérien, celui-ci avait mis sur la scène de l'Opéra Comique une passion fatale, violemment éclairée et écrasée par le soleil de l'Espagne. Le philosophe y voyait une révélation et une délivrance. Là parle une autre sensualité, une autre sensibilité, une autre gaîté sereine. Cette musique est gaie, mais pas d’une gaîté française ou allemande. Sa gaîté est africaine. L’aveugle destin pèse sur elle, son bonheur est bref, soudain, sans merci. Enfin l’amour, l’amour re-transposé dans la nature originelle ! L’amour conçu comme une fatalité, l’amour cynique, innocent, cruel ! L’amour, dans ses moyens la guerre, dans son principe la haine mortelle des sexes. ».